David Romand, "La psychologie allemande et la psychologisation des sciences humaines (19e siècle-début 20e siècle)"

Séminaire "La psychologie allemande du 19e siècle", organsié dans le cdre de l'aNR FORMESTH, 4e séance

Mercredi 13 avril 2011
14h00-16h00
INHA, salle Walter Benjamin

La psychologie allemande du 19e siècle
Séminaire organisé dans le cadre de l’ANR FORMESTH « Esthétique et formalisme esthétique en Europe centrale aux 19e et 20e siècles », avec l’aimable participation de l’Institut National d’Histoire de l’Art (INHA)

Responsable : David Romand

Une séance mensuelle, les mercredis en début d'après-midi, de janvier 2010 à juin 2011

Présentation


Dans ce séminaire, on se propose de reconsidérer l’importance de la tradition psychologique allemande du 19e siècle et son rôle dans la constitution et le développement des sciences humaines - au premier rang desquelles l’esthétique. On s’attachera ainsi à montrer que la psychologie allemande de cette époque, loin de se résumer à une psychologie « scientifique » et « expérimentale », « élémentariste » et « associationniste », correspond en fait à un programme de recherche original et cohérent, parfaitement caractérisé au point de vue épistémologique, théorique et méthodologique, très proche de celui du cognitivisme contemporain. A cet égard, on montrera que la nouvelle « science de l’âme » proposée par les auteurs allemands du 19e siècle a pu constituer, non seulement une source d’inspiration majeure, mais un véritable « cadre épistémologique » pour les « sciences de l’esprit » naissantes.
Le séminaire sera organisé en deux temps. Au cours des quatre premières séances, on s’attachera à dégager les fondements et les principaux apports théoriques de la nouvelle pensée psychologique germanique telle qu’elle s’est élaborée à partir du début du 19e siècle avant de refluer brutalement dans la première décennie du 20e siècle. On passera tout d’abord en revue les arguments permettant de justifier l’assertion en apparence provocante selon laquelle les travaux psychologiques allemands du 19e siècle participent d’un paradigme « cognitiviste » ; on s’intéressera ensuite à ces deux notions structurantes de la tradition psychologique allemande que sont les concepts de représentation (Vorstellung) et de sentiment (Gefühl), avant de montrer en quoi les psychologues allemands de cette époque ont permis de renouveler radicalement la réflexion sur la conscience et l’inconscient ; enfin, on abordera les principaux aspects de la « psychologisation » des sciences humaines qui s’est opérée en Allemagne et en Europe à partir du milieu du 19e siècle.
Suite à ces séances propédeutiques, un certain nombre d’intervenants extérieurs développeront la question du rapport entre psychologie allemande et sciences humaines européennes entre 1850 et 1930 environ, plus précisément la question du lien entre pensée psychologique et pensée esthétique. L’idée est de parvenir à mieux cerner les conditions et les modalités des transferts nationaux et disciplinaires qui ont présidé à la psychologisation des sciences de l’esprit, en insistant sur la place de la tradition psychologique allemande dans la genèse des esthétiques formalistes, pourtant réputées radicalement antipsychologiques. On espère ainsi contribuer à réévaluer l’héritage théorique de la psychologie allemande du 19e siècle en dépassant les approches historiographiques et épistémologiques traditionnelles conçues en termes de « psychologisme ».


David Romand,