Raphaël Brünner, « L’esthétique de la musique à partir du milieu des années 1960 et au regard du contexte d’une renaturalisation des conceptions philosophiques et linguistiques » ; Christian Accaoui, « Les mots et les sons » ; Charlotte Loriot et Julien Labia, « Quelques points de rencontre entre musicologues et philosophes ».

SĂ©minaire transdisciplinaire
"L’esthétique musicale entre philosophie et musicologie, des croisements aux rencontres"

Organisation ; Julien Labia (Paris IV, ANR FORMESTH)) et Charlotte Loriot (Paris IV, CNSMDP)

Vendredi 20 mai 2011
14h30-17h30

Maison de la recherche
Salle D 224
28, rue Serpente
75006 Paris

Raphaël Brünner (Haute École d’Art de Sierre)
« L’esthétique de la musique à partir du milieu des années 1960 et au regard du contexte d’une renaturalisation des conceptions philosophiques et linguistiques ».

C’est sans doute dans le cadre d’une renaturalisation des pratique artistiques et au regard d’une renaturalisation du paradigme structuraliste, en France, et de l’émergence des linguistiques pragmatiques, aux États-Unis, que la question apparaît qui permet d’approcher et de soutenir la reconquête d’une effectivité par la musique savante à partir du milieu des années 60.
Cette approche sera conduite au regard des dynamiques apparaissant dans les autres arts de même que, dans un deuxième temps, d’une approche de l’esthétique de Hugues Dufourt, qui apparaît à la fois dans la philosophie qu’il développe ainsi que dans ses compositions musicales. L’ambivalence du rapport au matériau signale la prégnance de la renaturalisation ainsi que des formes de résistance à cette renaturalisation.
L’esthétique musicale tient aussi bien ici pour la conscience philosophique des contextes à partir desquels opère la musique que pour les contextes qu’elle produit, par sa propre force.

Christian Accaoui (Paris VIII / CNSMDP)
« Les mots et les sons »

La philosophie et la musicologie sans les mots ne sont rien, pas plus que la musique sans les sons n’est quelque chose. Leur rencontre passe nécessairement par le rapport entre les mots et les sons, sans se réduire à lui.
Or, le son est exclu de nos deux systèmes principaux de représentation : le langage verbal et les images. À tous les âges de l'histoire de la musique, et plus encore à l'âge du régime de la musique pure, la représentation verbale de la musique est vacillante, incertaine, imprécise.
Le domaine de convergence des mots et des sons est étroit. Les mots n'ont de prise sur les sons que si ces derniers sont métaphorisés, s'ils sont plus que des sons, s'ils sont nombre, affect, image, discours, etc. Dans le cas contraire, si les sons sont seulement des sons, les mots n'ont pas de prise sur eux : la description technique est alors seule possible, le commentaire interdit.
On tentera :
1. de recenser ces convergences et les métaphores qui les commandent, en se référant à divers textes du corpus philosophique (Boèce, Diderot, Kant, Hegel, Heidegger, etc.) ;
2. de répondre à la question : peut-on parler de la musique sans recourir à l'analogie ?

Charlotte Loriot (Paris IV, CNSMDP) et Julien Labia (Paris IV, ANR FORMESTH)
« Quelques points de rencontre entre musicologues et philosophes ».

Parvenus à cette dernière séance du séminaire, la difficile tâche de tenter un premier bilan nous incombe. Il s’agira d’évoquer succinctement quelques idées et lignes de force qui semblent s’être dégagées, en nous intéressant tout particulièrement aux points de rencontre entre les deux disciplines.
Notre intervention commune aura donc une vocation synthétique, tout en abordant des questions méthodologiques ou liées aux champs institutionnels. Il nous faudra en effet réfléchir sur le statut des démarches transdisciplinaires qui ont été proposées au sein de ce séminaire, pour tenter de saisir quelles peuvent être leur spécificités, leurs difficultés, leurs enjeux.
En tentant brièvement de retrouver les principales lignes d’organisation que nous voyons apparaître au fil des séances de cette année, nous tenterons ainsi de réfléchir à ce que pourrait être le programme d’une prochaine session de ce séminaire.

Raphaël Brünner, « L’esthétique de la musique à partir du milieu des années 1960 et au regard du contexte d’une renaturalisation des conceptions philosophiques et linguistiques » ; Christian Accaoui, « Les mots et les sons » ; Charlotte Loriot et Julien Labia, « Quelques points de rencontre entre musicologues et philosophes ».