axe 2

Formalisme esthétique, psychologie scientifique et esthétique de l'empathie

Hypothèse 1 : Pour mener à bien ce travail, il faut tenir compte d'un cadre plus large : les développements de l'esthétique dans le second XIXe siècle s'inscrivent dans le contexte du psychological turn des sciences humaines, plus précisément dans le contexte de la naissance de la psychologie comme science expérimentale. Etant donné que cette psychologie scientifique se définit initialement, avec les travaux de G. Th. Fechner et de W. Wundt, comme une physiologie de la sensation, le domaine de l'esthétique, réinterprété comme étude de l'aisthesis, lui est assez naturellement central. L'esthétique psychologique est ainsi l'une des branches les plus anciennes d'application de la psychologie expérimentale. En 1876, la Vorschule der Aesthetik de Fechner est loin d'être pour lui une activité annexe. Il faut donc saisir, comment, au-delà de leur opposition frontale, le formalisme esthétique et la théorie de l'empathie se rencontrent dans l'idée d'une réflexion de type psychologique sur la forme en général.

Hypothèse 2 : il semble crucial, au vu des transferts culturels qui nous intéressent, de confronter ces savoirs acquis en Allemagne et en Autriche-Hongrie, avec le contexte français de l'esthétique scientifique dans un jeu de regards croisés et d'effets en retour : il s'agit ici de questionner des figures aussi importantes que celle de Victor Basch, de Charles Lalo, d'Alfred Fouillée, d'Eugène Véron, Jean-Marie Guyau, Gabriel Séailles, et enfin d'Hyppolite Taine, et de se demander ce que devient cette référence germanophone dans des textes qui usent des mêmes ressorts conceptuels (critique de la métaphysique, refus du lyrisme romantique, souci des acquis de la psychologie scientifique). Ceci imposerait une relecture de l'histoire de l'esthétique philosophique en France où le primat de la philosophie kantienne et phénoménologique occulte d'autres traditions qui eurent à la fin du XIXe siècle leur heure de gloire.


Aesthetic formalism, scientific aesthetic and aesthetic of Einfühlung

Hypothesis 1 : To carry out this work, we must consider a broader context : the development of aesthetics in the latter nineteenth century took place in the context of the Psychological turn in the humanities, specifically in the context of the birth of psychology as a experimental science. Given that scientific psychology is defined initially, with the work of G. T. Fechner and W. Wundt, as a physiology of sensation, the field of aesthetics, reinterpreted as a study of the aisthesis, is clearly central to it. The psychological aesthetic is one of the oldest branches of application of experimental psychology. Fechner's Vorschule der Aesthetik (1876) is very far from being a sideline for him. We must therefore grasp how, beyond their head-on opposition, aesthetic formalism and the theory of empathy meet in the idea of a psychological reflection on the form in general.

Hypothesis 2 : It seems crucial, given the cultural transfers that are of interest to us, to compare the knowledge acquired in Germany and Austria-Hungary, with the French context of scientific aesthetics into a set of viewpoints and feedback effects : we want here to question such important figures as Victor Basch, Charles Lalo, Alfred Fouillé, Eugene Véron, Jean-Marie Guyau, Gabriel Séailles, and finally Hyppolite Taine and ask ourselves what becomes of the German reference in texts that use the same conceptual means (critique of metaphysics, refusal of romantic lyricism, attention to the achievements of scientific psychology). This would require a rereading of the history of philosophical aesthetics in France, where the primacy of the phenomenological philosophy of Kant obscures other traditions that had in the late nineteenth century their heyday.

Formesth